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viernes, 6 de mayo de 2011

« Voilà comment la police marocaine a volé mes documents d’identité »

Fuente: http://www.demainonline.com/, 05/05/2011

Farah Abdelmoumni, une jeune étudiante marocaine, fille de l’ancien vice-président de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), Fouad Abdelmoumni, et membre du mouvement du 20 février en France, s’est fait déposséder de ses documents d’identité par la police des frontières de l’aéroport Mohamed V de Casablanca.
Elle explique son odyssée dans ce court texte, publié par le site Mamfakinch, où elle raconte comment elle s’est retrouvée sans passeport et sans carte de séjour alors qu’elle avait passé tous les contrôles de douane et de police et se trouvait déjà dans la zone internationale de l’aéroport de Casablanca.
Comme elle l’explique, ses documents d’identité, un passeport marocain et une carte de séjour française, lui ont été subtilisés par la police marocaine des frontières avec un aplomb incroyable. Et quand elle a essayé de protester, les policiers ont commencé par lui répondre qu’ils lui avaient rendu son passeport, avant de changer de stratégie et de prétendre qu’elle n’avait jamais accédé à la zone internationale…
Ce genre d’affaires, qui a lieu chaque jour dans ce royaume heureux, nous révèle que l’Etat marocain possède une liste noire de ses citoyens dérangeants et que les harcèlements frontaliers existent bel et bien et ne sont pas révolues, comme certains voudraient nous le faire croire.
Mais cette fois-ci, la police est allée trop loin. Non seulement elle a soumis un citoyen marocain à un interrogatoire politique (« pourquoi tu milites dans le mouvement du 20 février? »), illégal de surcroît, mais elle est allée jusqu’à lui voler ses documents d’identité.
C’est un saut qualitatif dans le traitement des citoyens qui nous confirme que nos gouvernants n’ont rien compris aux causes et à l’esprit des révoltes arabes, et que nous vivons bel et bien sous une monarchie bananière.
Demain

Quand la police se met au vol
Mardi 3 mai, vers 16:30, après l’enregistrement, la douane et le service de tamponnage de passeport, le policier m’a demandé de le suivre pour procéder à une fouille au corps. Le policier en question a gardé mon bagage à main et j’ai été avec une dame à l’isoloir, où j’ai subi un interrogatoire informel (d’où je connais le mouvement ? Qu’est ce qui me passionne tant dans de telles « futilités »…). En quittant ce dernier, je récupère mon bagage à main qui a été fouillé sans ma présence.
Avant de quitter les messieurs, je cherche mon passeport et ma carte de séjour, mais je ne les retrouve pas. Je m’adresse au policier qui me répond qu’il me les a rendus. Quand j’insiste, il me demande si je ne serais pas en train de le traiter de voleur.
Ils me font sortir de la zone internationale, et commencent à chercher avec moi mon passeport dans la zone ouverte au public, sachant que pour dépasser le premier douanier, il faut que j’aie mon passeport ! On est montés, descendus, le commissariat de l’aéroport était vide, personne à qui s’adresser…
Ce matin, mercredi 4 mai, je suis revenue à l’aéroport, en compagnie d’un membre de la famille, où nous avons été reçu par le chef de la sécurité de l’aéroport, Mr Farouki et ses collaborateurs. J’ai été avec deux d’entre eux au service de visionnage des enregistrements des caméras, mais je n’étais autorisée ni à accéder à la salle, ni à voir de loin les enregistrements.
Après une bonne heure, ils ont conclu que je n’ai pas du tout dépassé les douaniers et que je ne suis restée que dans la zone publique. Je ne figure sur aucun enregistrement. Par la suite, ils ont affirmé que je me suis enregistrée sans passeport et que des sanctions allaient être prise à l’encontre du steward qui m’a enregistré sans faire son travail correctement.
Ma valise est arrivée à Orly alors que je ne suis pas montée dans l’avion, chose louche, vu que tout bagage est débarqué quand le propriétaire ne se présente pas en cabine.
Si quelqu’un a une explication, qu’il m’illumine… Et merci les amis pour votre soutien!
Rappel: En rentrant au Maroc le 19 avril, j’ai été arrêtée à l’aéroport pendant un peu plus d’une heure pour un interrogatoire (informel) à propos de mon activité au sein du mouvement 20 février.
Farah Abdelmoumni

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