Fuente: El Watan, 20 avril 2011 Djemaâ Timzouert
« Le système politique en place a montré pour la énième fois qu’il n’a pas une volonté politique d’engager une véritable transition démocratique. Le pouvoir est plutôt en train de gagner du temps en instaurant de faux débats », a déclaré, ce mardi 19 avril, Mostapha Bouchachi, président de la Ligue Algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), lors d’une conférence-débat animée à l’occasion du 31ème anniversaire du Printemps Berbère à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.
Me Bouchachi a expliqué que la crise que vit actuellement l’Algérie tire son origine du système politique, de l’incapacité des institutions de l’Etat à répondre aux aspirations des citoyens et la non application des textes juridiques. Le barrage à toute initiative allant dans le sens du changement démocratique, selon Me Bouchachi, est le dysfonctionnement des institutions mal élues.
« Le problème en Algérie ne réside pas dans les textes de lois. Il se trouve dans les institutions illégitimes et contrôlées par les décideurs. La Constitution, dans sa formule actuelle, consacre la séparation des pouvoirs et beaucoup d’autres droits fondamentaux. Mais les textes ne sont pas appliqués. Le ministre de l’Intérieur, par exemple, n’a pas le droit de refuser la création de nouveaux partis politiques. La loi dit que la direction des libertés publiques au niveau du Ministère de l’Intérieur reçoit le dossier de création d’un parti politique et donne un accusé de réception. En cas de problème dans le dossier, le Ministère de l’Intérieur doit saisir la justice administrative. Et c’est au juge administratif de refuser le dossier. Ainsi, selon la loi, la décision de rejet doit être motivée. »
« Ce n’est pas au Président de la République ni autre responsable au sein de l’Etat de dicter des réformes aux Algériens. Mais c’est au peuple de décider », conclut Me Bouchachi
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